lierre grimpant
Le lierre grimpant

Le lierre grimpant

Symbole de vie éternelle, le lierre grimpant, fidèle à son support, est souvent mal perçu. Pourtant, il est très nécessaire dans l’équilibre de la biodiversité.

Seule espèce sauvage de la famille des Araliaceae, le lierre grimpant (Hedera helix L.) est une liane arbustive épiphyte à feuillage persistant. Pouvant atteindre 100 m de long et 30 m de hauteur avec une croissance annuelle pouvant aller de 0,5 à 1 mètre, ce lierre possède une longévité moyenne de 100 ans et, si des conditions favorables à sa croissance s’y prêtent, il peut atteindre 1000 ans.

rameau de lierre grimpant
Rameaux de lierre
© Cédric DAGUET

Les rameaux grimpants, ornés de poils grisâtres, portent à leurs entre-nœuds des racines adventives qui, en se transformant en crampons s’accrochent à tous supports (écorce, pierre, mur…). Ces racines n’ayant aucune fonction absorbante, le lierre n’est donc pas une plante parasite car il se nourrit uniquement par son système racinaire souterrain.

Les feuilles, de couleur vert foncé, sont alternes, à limbe assez coriace et sont recouvertes d’un vernis épais appelé cuticule. En forme d’étoile à leur stade juvénile, les feuilles, devenues adultes au bout d’une ou plusieurs dizaine d’années, présentent deux formes différentes :

  • Les feuilles caulinaires poussant sur les tiges stériles sont palmatinervées à 5 ou 3 lobes plus ou moins marqués.
Feuille de lierre grimpant
Feuilles caulinaires de lierre
© Cédric DAGUET
  • Les feuilles des tiges florifères plutôt buissonnantes sont ovales à pointe aiguë. A l’automne, elles se chargent de sucres et de protéines, ce qui leur donne une grande résistance au gel. Cette particularité permet au lierre d’avoir une période d’activité végétative hivernale.
fruits hedera helix lierre grimpant
Fruits et feuilles de tiges florifères
© Cédric Daguet

Les fleurs jaune verdâtre en ombelle à 5 étamines et un style comptent parmi les dernières de la saison. En effet, leur floraison se prolonge de septembre à novembre selon les régions. Les fruits, arrivant à maturité en fin d’hiver, se présentent sous forme de baies noires bleutées dont se régalent les oiseaux.

Fleur lierre grimpant
Floraison
© Cédric Daguet

Place du Lierre grimpant dans la biodiversité

Poussant au pied d’un arbre, le lierre, en phase terrestre les premières années, entretient au fil du temps avec ce dernier une relation de mutualisme. Le tronc et les branches de l’arbre servent de support de croissance au lierre qui, lui, le protège des variations climatiques en retour.
Les feuilles du lierre se renouvelant au printemps, elles se décomposent donc au moment où les arbres débutent leur cycle de végétation. De ce fait, la décomposition des feuilles apporte les nutriments nécessaires à la croissance de la strate arborée.
La végétation dense et fournie du lierre est un véritable berceau de biodiversité. Certains oiseaux ainsi que les chauves-souris viennent y nicher ainsi que leurs prédateurs. De par sa fonction d’abri, de lieu de reproduction et d’hibernation pour de nombreux insectes, le lierre coopère à l’accroissement de la faune auxiliaire (abeilles, papillons, coccinelles…)

Sa floraison automnale décalée par rapport à celle du reste de la végétation l’environnant permet un apport de nourriture à de nombreux pollinisateurs, dont l’Abeille du lierre (Colletes hederae) ainsi que différents papillons qui lui sont inféodés, à la période où les autres plantes ne fleurissent plus.

Toxiques pour les mammifères, ses fruits riches en lipides apportent de la nourriture aux oiseaux frugivores durant l’hiver.

En ville, un régulateur thermique

lierre grimpant Hedera helix
© Cédric Daguet

Dès l’Antiquité, considéré comme nuisible envers les arbres et les habitations, le lierre, de nos jours reconnu pour son utilité sur les bâtiments, est un bon régulateur thermique en plus d’apporter une touche de nature. En été, son feuillage persistant, tourné vers la lumière, réfléchit les rayons solaires tout en ombrageant les façades,en laissant passer l’air entre elles et la plante.
L’évapotranspiration permet le rafraîchissement des murs. En hiver, son feuillage persistant garde la chaleur, assèche les fondations en évitant les excès d’humidité et isole des intempéries. On peut aussi ajouter que le lierre protège des UV, de la pollution urbaine telle que les pluies acides causant des dégradations et absorbe différents éléments comme le benzène des gaz d’échappement.

Sur les murs sains, lisses et non fissurés, le lierre n’a aucun impact négatif. Tout au plus, ses crampons laisseront quelques marques sur la peinture. Par contre, sur les murs façonnés au torchis ancien composé de sable et de chaux ou conçus en pierre sèche, la plante risque de s’enraciner et mettre en péril la construction.

Utilisation domestique du Lierre grimpant

Associé à la vie éternelle, symbole du dieu Osiris dans l’Égypte des pharaons, associé à Dionysos/Bacchus chez les Grecs et les Romains, on lui accorde déjà beaucoup de propriétés médicinales. Quelques fleurs dans du vin étaient un remède recommandé pour la dysenterie. Les jeunes feuilles bouillies traitaient la faiblesse physique et morale. Les baies, à maturité, permettaient de cacher les cheveux blancs. Le jus de la racine, en boisson, luttait contre les morsures d’araignées venimeuses. Chez les peuples celtes, il était symbole de puissante force vitale et d’énergie. Dans les mariages druidiques, une liane de lierre était liée aux poignets des mariés afin de renforcer leur amour.

Contenant des saponines aux caractères antimicrobien, antifongique et antiparasitaire, le lierre (extraits hydroalcooliques de la feuille) est utilisé de nos jours dans l’élaboration de sirops antitussifs, de produits luttant contre la cellulite ainsi que dans certains compléments alimentaires amincissants.

Les saponines dotées de propriétés tensioactives que contiennent la plante ont un fort pouvoir dégraissant. Finement broyées et préparées en décoction, ses feuilles contribuent à l’élaboration de shampoing et de lessive.


NB : Toutes les parties de la plante, surtout les baies, contenant des saponosides toxiques, l’utilisation du lierre en automédication à l’état brut comporte des risques. Il est préférable de consulter un médecin ou d’utiliser des produits suite aux conseils d’un pharmacien.


Cédric DAGUET


Sources

Lierre grimpant

Utilisation du Lierre grimpant

La Phytothérapie. Se soigner par les plantes
Dr VALNET. Editions VIGOT. 2001

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