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La Nature et l'Homme

La Nature et l’Homme, d’hier à aujourd’hui

La Nature. Bien que ce mot possède de nombreux sens, pour la majeure partie d’entre nous ce terme regroupe les êtres vivants, systèmes et phénomènes indépendants de toute activité humaine, tout ce que l’on pourrait qualifier de « sauvage ». Hors, depuis toujours, la présence de l’Homme est inséparable de la notion de nature. Comment ont-ils évolué ensemble ? Quelle place l’espèce humaine a-t-elle concédée à la nature ?

Robert Lenoble (1902-1959), historien des sciences, dans son livre Histoire de l’idée de nature en résume ainsi le concept : « La nature est le nom que les hommes ont donné au milieu dans lequel ils sont placés. Ce milieu est un ensemble d’êtres et de choses qui ne dépendent pas de lui et dont la cohérence propre constitue la première expérience ». Concrètement, la nature est un grand ensemble composé de forces et de principes physiques, biologiques qui animent la biosphère et les écosystèmes.

Nous y trouvons :

  • les systèmes épisodiques que sont les cycles climatiques, météorologiques, géologiques, les évolutions des milieux sauvages, les incendies d’origines non humaine
  • l’ensemble des paysages allant du

Chacune de ces composantes, interdépendantes, forment un système en perpétuel mouvement et en perpétuelle évolution. Pour comprendre les fonctionnements qui leur sont propres, il serait préférable de reprendre point par point leurs caractéristiques. Ce que vous découvrirez au fil de la lecture de ce blog.

Paysage de l'Artois
Paysage de l’Artois
© Cédric DAGUET

La relation entre l’Homme et la Nature

« La nature n’est pas le champ d’investigation du seul savant. Elle parle aussi au poète et au philosophe. Au moraliste et au théologien elle se présente tantôt en ennemi, tantôt en auxiliaire, tantôt en règle suprême » R. Lenoble, Histoire de l’idée de nature.

Depuis toujours, la relation qu’entretient l’Homme envers la nature se montre ambivalente et ambiguë. Au fil des siècles, la nature a été perçue soit comme un tout dont l’être humain est partie prenante. Soit elle est considérée comme inféodée à l’être humain, soit comme un concept séparé de l’humanité.

De la Préhistoire à l’Antiquité

Lors de la Préhistoire, l’Homme aurait été solidaire de la nature en la considérant comme une mère nourricière mais mystérieuse. Il aurait vécu en symbiose avec son environnement par le biais d’échanges (offrandes, sacrifices, rites…) avec des forces sacralisées. Animiste, pour lui, tout phénomène inexplicable est « esprit ». Nous retrouvons cette notion spirituelle dans les principales religions orientales comme, par exemple, l’hindouisme dans lequel l’humain doit adopter une attitude respectueuse et non-agressive envers la nature.

Depuis l’Antiquité, notamment en Occident, s’est établi un lien d’extériorité entre l’Homme et la nature. Les philosophes commencent à penser la nature et à se penser par rapport à elle. La science en est à ses débuts. Platon et Aristote, par exemple, questionnent la raison et non plus la nature afin de répondre aux problèmes qu’ils se posent.

Du Moyen Age à l’époque moderne

Dans le premier millénaire de notre ère, les monothéismes situeront l’Homme en état de supériorité par rapport à la nature en le plaçant au centre de toutes les créations divines. L’humain étant un être abouti, il doit être capable de gérer, de modeler comme bon lui semble l’ensemble des écosystèmes terrestres et d’en tirer profit.

Par la suite, les différents courants philosophiques et scientifiques modernes ont reconnu que la nature obéissait à un certain nombre de lois physiques, ce qui les a amenés à la dissocier de la culture religieuse jusqu’à présent dominante. C’est à cette époque que nous avons vu se développer entre autres la botanique et la zoologie avec la classification des espèces ainsi que leur nomenclature binominale, la géographie et la géologie ayant permis la cartographie des paysages sans oublier la climatologie. Ces avancées dans la connaissance de la nature ont pu voir leur application concrète dans de nombreuses réalisations agricoles et paysagères telles que la culture d’espèces du nouveau monde ou la réalisation de canaux de navigation à grande échelle. De ce fait, l’homme, être de pensée, pouvait, en apprenant son fonctionnement scientifique, maîtriser la nature, l’harmoniser par la capacité à transformer l’espace ainsi qu’à gérer et mobiliser les ressources. 

L’époque contemporaine

Avec l’avènement de la science contemporaine, il est devenu plus aisé de situer l’humain par rapport à la nature. Biologiquement, avec l’abandon de la théorie de la génération spontanée pour laquelle les êtres émergent naturellement de la matière en faveur de la théorie de l’évolution, avec la découverte des cellules et de la génétique l’Homo sapiens fait partie de la nature au même titre que toutes les autres espèces vivantes. Philosophiquement, l’Homme accorde de nouvelles valeurs à la nature d’ordre éthique, d’ordre moral et d’ordre naturel. Qu’il se sente en phase ou non avec ces valeurs, il est amené à adopter différentes attitudes autres que l’anthropocentrisme. C’est ainsi que sont apparus, notamment, le biocentrisme reconnaissant une égalité morale entre tous les êtres vivants en tant qu’individus sans exception et l’écocentrisme incluant l’ensemble de la biodiversité et des écosystèmes comme valeur dans toutes les décisions de développement socio-économique. De ces principes, se sont développés divers courants écologistes issus de différentes sensibilités socio-politiques.

Au cours de l’histoire, l’Homme a de plus en plus marqué la planète de sa présence laissant peu d’espaces complètement vierges d’influence humaine, prenant le dessus sur la nature. Toutefois, notre espèce ne se voit pas séparable de son environnement naturel et ne peut s’en affranchir.

Marais salant
Marais salant
© Cédric DAGUET

Quelle idée se faire de la nature ?

Pour chaque population d’individus, pour chaque personne, le rapport à la nature étant le fruit de la culture et de l’éducation reçues, nous pouvons conclure que la perception de la nature n’est pas universelle. La simple idée de nature n’étant pas suffisante, la science écologique permet de prendre en considération la réciprocité de l’interaction entre l’Homme et la nature et ainsi resituer la nature dans notre société moderne. Pour cela, la connaissance des éléments composant la nature, sa biodiversité demeure importante afin d’en mesurer sa juste valeur dans l’environnement humain ainsi que de réévaluer notre relation avec elle.

fleur de marguerite

Devons-nous continuer à regarder la nature comme un puits de ressources sans fin, une aire de détente et de tourisme en vivant séparément de la biodiversité ?

Devons-nous trouver un équilibre plus équitable entre nature et activité humaine ?

Devons-nous laisser plus de place à la nature et diminuer notre impact sur l’environnement ?

A l’heure actuelle, l’importance de la nature en tant que bien commun prend place à travers le monde. Cette prise de conscience s’amplifiera-t-elle suffisamment afin de sauvegarder notre environnement à grande échelle et, de ce fait, préserver une réelle qualité de vie à l’humanité ?

Beaucoup l’espèrent pour notre avenir, agissent au quotidien dans ce sens et n’hésitent pas à partager leur idéal pour que la nature, la biodiversité soient prises en compte dans le développement de la planète.

Cédric DAGUET


Sources

Définition de la nature

La nature

Philosophie de la nature

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