Coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) Téléphore fauve (Rhagonycha fulva) Berce commune (Heracleum sphondylium)
La biodiversité

La biodiversité

En cette époque de dérèglement climatique, il est de nécessaire d’entretenir la biodiversité, ordinaire ou remarquable, celle-ci étant primordiale pour fournir à tout être vivant ce qu’il lui faut pour subsister.

Pour la plupart d’entre nous, la préservation de la biodiversité consiste en la protection des espèces animales et végétales dans les milieux terrestres, aquatiques qu’ils soient d’eau douce (lentiques et lotiques) ou salées (océanographiques). Dans son sens le plus large, la biodiversité désigne l’ensemble des espèces vivant sur Terre, les interactions qui se nouent entre elles et avec leur environnement spécifique.

Les niveaux de la biodiversité

Selon l’article 2 de la Convention sur la diversité biologique du sommet de Rio en 1992, la biodiversité est définie comme étant la « variabilité des organismes vivants de toute origine, y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces, et entre les espèces et ainsi que celle des écosystèmes». Nous pouvons donc considérer que tous les niveaux d’organisation interdépendants du vivant, dont l’humain fait partie, sont concernés. Ces niveaux sont au nombre de trois : la diversité des gènes, la diversité des espèces et la diversité des écosystèmes.

La diversité génétique

Chaque variété d’une espèce donnée possède ses propres caractéristiques du point de vue morphologique, anatomique ou physiologique, fruits de l’adaptation à son environnement. Par le biais de l’évolution, ces caractéristiques découlent d’aptitudes développées de génération en génération pour survivre dans un milieu précis, avec ses propres contraintes (climat, géographie, ressources alimentaires à disposition, prédateurs, activité humaine, etc.) L’exemple le plus connu est celui des pinsons de Darwin qui présentent des tailles de bec ainsi que des comportements différents suivant les spécificités du milieu qui les abrite, bien qu’étant très proches génétiquement.
Au niveau des individus, la diversité génétique implique des caractéristiques inhérentes à chacun d’entre eux. Par exemple, chaque tigre possède des rayures disposées différemment dont l’emplacement lui est propre.

La diversité des espèces

La plus visible, elle englobe les différentes variétés d’organismes vivant sur Terre. Ces organismes sont rassemblés en groupes disposant de leurs spécificités. Classiquement, la multiplicité des espèces est réparties en 6 règnes que sont les archées(organismes procaryotes unicellulaires), les bactéries, les protistes (amibes, algues brunes), les végétaux, les mycètes (champignons) ainsi que les animaux. C’est donc une diversité interspécifique qui peut se vérifier, par exemple, sur un espace donné : montagne, mer, désert… Une forêt peut, ainsi, voir cohabiter différentes espèces de végétaux, d’insectes, de mammifères, d’oiseaux.

La diversité des écosystèmes

Cela désigne leur variété avec leurs particularités, espèces et fonctionnements. C’est à ce niveau que se situe la diversité des interactions des populations naturelles entre elles et aussi avec leur environnement, par des échanges permettant la vie ainsi qu’un équilibre dynamique. A l’échelle d’un continent par exemple, nous pouvons découvrir de nombreux écosystèmes tels les prairies, marais, forêts, lacs, mers, etc.

Bien qu’étant distincts, ces niveaux de diversité vivent continuellement en interaction principalement entre les différentes espèces d’une part, entre les espèces et leur environnement d’autre part.
Qu’en est-il désormais de la biodiversité ? Quelle est son importance ?

Biodiversité remarquable, biodiversité ordinaire

Biodiversité remarquable

Très souvent les différents médias présentent lors de leurs reportages, articles et documentaires des espèces, des sites remarquables. Ceci concerne les animaux et plantes peu répandus, en danger et pour la majorité endémiques de sites emblématiques d’une région particulière de la planète. Nous y retrouvons des espèces comme le dauphin, le gorille, ou des lieux tels que le parc de Yellowstone, dont le symbolisme universel a fait des célébrités. Ces espèces et écosystèmes sont ainsi relativement préservés face aux risques d’extinction et de destruction et sont classés en réserves, parcs naturels et autres zones de sauvegarde de la nature formant de par le monde des hotspots, « points chauds » de biodiversité. Qu’elles soient terrestres ou marines, ces zones critiques de biodiversité d’une concentration admirable d’espèces soumises à un risque important de disparition, au nombre de 36, représentent 2,4 % de la surface planétaire.

loup gris
Loup gris (Canis lupus lupus).
Photo U.S. Fish and Wildlife Service – Midwest Region sous license CC BY 2.0

Biodiversité ordinaire

Parallèlement, vit une grande quantité d’espèces ni menacées, ni domestiquées, ni exploitées par l’Homme. C’est la nature qui nous entoure, ce sont les divers animaux et plantes que nous considérons comme communs, qui nous dérangent parfois et qui ont aussi la capacité de nous émerveiller. Souvent encerclée par des lieux anthropisés appauvrissant la variété des espèces, dégradant les sols et la qualité de l’eau, cette biodiversité qualifiée d’ »ordinaire » est indispensable pour le bon fonctionnement et l’équilibre des écosystèmes en constituant la biomasse essentielle et nécessaire au développement et aux interactions biologiques d’une large gamme d’espèces.

Goéland argenté Larus argentatus
Goéland argenté (Larus argentatus)
Ragondin Myocastor coypus
Ragondin (Myocastor coypus)

Bien que ces deux pans de la biodiversité soient distincts l’un de l’autre, ils ne doivent pas être opposés dans leur préservation. Les espèces remarquables dépendent de la biodiversité ordinaire et vice-versa. Si certaines « espèces clés de voûte » ayant un effet sur leur environnement venaient à disparaître, l’écosystème constituant leur habitat pourrait se dégrader entraînant une perte de la biodiversité ordinaire. Si la biodiversité ordinaire avait tendance à disparaître, n’ayant plus d’habitat, de nourriture, la situation des espèces remarquables se dégraderait assez rapidement.

abeille
Abeille domestique (Apis mellifera)
Espèce clé de voûte

Toutes les espèces qu’elles soient rares ou communes, possèdent, suite à un long processus évolutif, des particularités écologiques nécessaires à l’équilibre des écosystèmes. La disparition de l’une d’entre elles constitue une perte de diversité biologique. Il est donc important, dans toute politique de préservation de la biodiversité de prendre en compte la totalité des organismes se trouvant dans la zone à protéger.

Biodiversité et anthropisation

paysage Nord
Paysage rural

Au cours des siècles, l’humain n’a cessé de modifier son environnement. En puisant dans les ressources naturelles, en artificialisant les sols, en substituant des espèces exogènes à d’autres endémiques, la majeure partie des écosystèmes non protégés se sont dégradés et simplifiés. Bien que dans les longs processus biologiques fondamentaux des écosystèmes une espèce disparue se voie souvent remplacée par une autre au même degré de niche écologique, la variété des espèces diminue au niveau planétaire, entraînant de nombreuses populations d’animaux, de végétaux, de champignons et microbes vers la régression de leur population ou le déplacement géographique vers de plus favorables climats. Dans certaines régions, des espèces, introduites ou s’étendant de plus en plus vers les pôles, deviennent invasives.

A ce jour, rapidement les ressources se détériorent, s’amenuisent, les sols perdent leur fertilité, les virus se développent rendant inquiétant l’avenir de l’humanité car l’Homme, comme toutes autres espèces, dépend de la biodiversité. Pourtant, nous tournons bien souvent le dos à la biodiversité, la cantonnant à des zones destinées au loisir, au tourisme.

La préservation de la biodiversité

La biodiversité étant l’ensemble des relations établies entre les espèces de tous les règnes et leur environnement, tout paysage amène donc une diversité biologique qui lui est propre, chacun apportant une infinité de niches écologiques et d’écosystèmes. Les différentes espèces, y compris l’Homme, peuplant ces espaces développent entre elles une organisation qui leur est propre favorisant une diversité de faune et de flore.

Par son activité, l’Homme entame la disparition des espèces, l’appauvrissement de la biodiversité et, de ce fait, des milieux nécessaires à sa vie l’humain étant dépendant de la bonne santé de son environnement. Sans l’idée de se préoccuper de l’ensemble des relations entre toutes les espèces, humaine incluse, ainsi que celles qu’elles entretiennent envers leur environnement, la vie sur Terre se trouve dans une situation de plus en plus préoccupante.


Faut-il conserver l’idée d’essor économique avant tout, en ne laissant à la biodiversité que quelques zones sanctuarisées aux enjeux touristiques et économiques ?
Faut-il organiser la vie humaine en prenant en compte la totalité de la biodiversité, quitte à changer notre état d’esprit, notre culture, nos coutumes, notre façon de vivre ?
Faut-il complètement freiner nos désirs d’expansion, considérer la nature en tant que telle et la laisser se développer à son gré, ne plus anthropiser de terres voire réduire celles qui le sont déjà ?

Quelle que soit la décision qui sera, à l’avenir, prédominante, beaucoup de temps sera nécessaire afin de trouver un équilibre entre activité humaine et maintien de la biodiversité. Dans l’espoir de pouvoir y arriver dans le futur, c’est à chaque génération d’agir et de transmettre afin que les suivantes puissent prendre le relais pour la préservation de la biodiversité.

Cédric Daguet

Photographies : Cédric Daguet

Sources

Convention sur la diversité biologique, Rio 1992
Biodiversité
Biodiversité ordinaire
Hotspots de la biodiversité

(2 commentaires)

  1. Pour la préservation de la biodiversité ? Je dessine ! En partage, je vous propose de découvrir ma série de dessins en cours de réalisation : « Vanité », dont le rapport du GIEC est à l’origine : https://1011-art.blogspot.com/p/vanite.html
    Ou en ce moment les dessins pour l’exposition « tout contre la Terre » au Muséum de Genève : « La robe de Médée » : https://1011-art.blogspot.com/p/la-robe-de-medee.html ainsi que « Vous êtes ici » : https://1011-art.blogspot.com/p/vous-etes-ici.html

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